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Jacques Cauda

Cauda

 

 

 

 

                                                                   

 

 

 

Cauda couv essaipetit 2Avec Jacques Cauda s’oublie facilement que l’homme a été créé à l’image de Dieu. Et bien des ressources de l’obscénité humaine sont mises à contribution par l’auteur pour nous en convaincre. Dans son roman de gare de triage il n’est pas facile de partager le bon grain de l’ivraie comme le bon sang qui ne saurait mentir de celui qui coule da cadavres pas forcément exquis.

Les bras cassés (bien éloignés de celui de Michaux) appartiennent autant à la pègre, à la marée mal chaussée qu’au commun des mortels. D’où  cette suite de sombres héros parmi lesquels trône un assassin. Le tout en un débordement sur l’animal - en particulier le porc  résurgence biblique en quelque sorte. Meurtres abominables, disparition entraîne a priori « l’application des règles uniformes en matière de sécurité et de protection ». Mais à l’impossible nul n’est tenu - ne serait-ce pour coupable…

Tout va de guingois et le pauvre capitaine Troye. Pour le consoler une veuve Aubain (de mère) le fait bander et tiendrait lieu de cheval en lieu et place des œuvres sexuelles  dont « il emplissait la semence depuis si longtemps ». Mais ce pseudo inceste n’est rien et ne fait que tourner autour du pot de la suce-dite ou d’autres marâtres marraines.

Dans cette « pulpe fiction » où Tarantino perdrait son latin, une nouvelle affaire Deutroux  prend corps au moment où la veuve regarde celui qui la suit dans le rétro comme Zazie le faisait dans le métro. Et un certain Monsieur Jean n’a rien d’un gars bien ou d’un Gabin. Que ferait-il dans cette affaire. L’adipeux inspecteur Maigret serait un canard face aux caves qui se rebiffent.

Qu’importe d’ailleurs le flacon des aventures : l’ivresse littéraire est à chaque page dans le sale air de la peur. Tout est fait pour scénariser l’irrationnel. La langue n’a d’autre objet que le gouffre de rire qu’elle engendre. Et si la mort semble un sérieux point d’appui, le langage la déporte vers un autre but : crever de rire. Rien d’autre pour tout dire ce qui ne va pas sans érotisme. Chacun a un bouc à nier dans une nouvelle version sinon de la Genèse du moins  de la cruci-fiction. Cauda en soit sanctifié.

Jean-Paul Gavard-Perret ( Le salon littéraire )

Jacques Cauda, « Ork », La P’tite Hélène éditions, Apt, 2017, 128 p., 13 €

 

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